01 mai 2008
AUX SOMBRES HEROS DE L'AMER de Noir Désir
Aux sombres héros de l'amer
Qui ont su traverser les océans du vide
A la mémoire de nos frères
Dont les sanglots si longs faisaient couler l'acide
Always lost in the sea
Always lost in the sea
Tout part toujours dans les flots
Au fond des nuits sereines
Ne vois-tu rien venir ?
Les naufragés et leurs peines qui jetaient l'encre ici
Et arrêtaient d'écrire
Always lost in the sea
Always lost in the sea
Ami, qu'on crève d'une absence
Ou qu'on crève un abcès
C'est le poison qui coule
Certains nageaient sous les lignes de flottaison intimes
A l'intérieur des foules.
Aux sombres héros de l'amer
Qui ont su traverser les océans du vide
A la mémoire de nos frères
Dont les sanglots si longs faisaient couler l'acide
Always lost in the sea
Always lost in the sea
NOIR DESIR, Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)
09 avril 2008
Il PLEUT de Francis Carco
Il pleut - c'est merveilleux. Je t'aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d'arrière-saison.
Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu'on ne s'entend plus !
C'est merveilleux : il pleut. J'écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.
Je t'aime. Oh ! ce bruit d'eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l'heure :
On dirait qu'il pleut dans tes yeux.
Francis Carco
08 novembre 2007
CHANSON D'AUTOMNE
Quand vient l'automne, la nature se pare de couleurs chatoyantes avant de perdre son feuillage... Et je me souviens de ce poème parfait de Verlaine...
A Saint-Clar (Gers).
CHANSON D'AUTOMNE
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Paul VERLAINE, Poèmes saturniens
09 mai 2007
TOSTAKY de NOIR DESIR
nous survolons des villes
(des) autoroutes en friche
diagonales perdues
et des droites au hasard
des femmes sans visage
à l'atterrissage
soyons désinvoltes
n'ayons l'air de rien
para la queja mexica
este sueno de america
celebremos la aluna
de siempre, ahorita
et les branleurs traînent
dans la rue
et ils envoient ça aux étoiles
perdues
encore combien à attendre
combien à attendre
combien à attendre
encore combien à attendre
encore combien à attendre
tostaky
le fond du continent
l'or du nouveau monde
pyramides jetables
hommes d'affaires impeccables
quand la pluie de sagesse
pourrit sur les trottoirs
notre mère la terre
étonne-moi
para la queja mexica
este sueno de america
celebremos la aluna
de siempre, ahorita
pendre les fantômes
cortez
et pourrir à l'ombre
cortez
de l'Amérique vendue
à des girophares crus
pour des nouveaux faisceaux
pour des nouveaux soleils
pour des nouveaux rayons
pour des nouveaux soleils
tostaky
bien reçu
tous les messages
ils disent qu'ils ont compris
qu'il n'y a plus le choix
que l'esprit qui souffle
guidera leurs pas
qu'arrivent les derniers temps où
nous pourrons parler
alors soyons désinvoltes
n'ayons l'air de rien
soyons désinvoltes
n'ayons l'air de rien
NOIR DESIR, Dies Irae
Quoi de mieux qu'une chanson de Noir Désir... Dies Irae, jour de colère...
01 mai 2007
L'APPARTEMENT de NOIR DESIR
Attends-toi à c'que je me traîne
A tes pieds, Laura, j'ai constaté que même
Un silence de toi pouvait pousser mon rire à mourir
Attends-moi, toi tu es la reine,
Des sommets, l'orage sévit dans les plaines
Tu ne m'entends pas, je suis parasité malgré moi
Elle a su, simplement,
Enfermer mon coeur dans son appartement
Avec ou sans toi, j'ai quelques problèmes
Tu t'en fous, Laura, j'suis désolé quand même
Si tu vas par là, ça me convient aussi dépose-moi
Encore une fois, c'est d'en bas que j'appelle
Elle se penche parfois de son nid d'hirondelle
Daigne me recevoir, ne me laisse pas de place pour m'asseoir
Elle a su, simplement,
Changer les clefs de son coeur et de l'appartement
Attends-toi à c'que je me traîne
A tes pieds, Laura, en attendant je sais
Que le jour viendra, où je pourrai en mourir de rire
NOIR DESIR, des Visages des Figures
Une chanson que j'aime particulièrement et un groupe qui manque... z'êtes pas d'accord ?
14 mars 2007
LE TUNNEL D'OR de AaRON
regarde, il gèle
là sous mes yeux
des stalactites de rêves
trop vieux
toutes ces promesses
qui s'évaporent
vers d'autres ciels
vers d'autres ports
et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
je t'aime trop fort, ça te dérange
et mes rêves se brisent sur tes phalanges
je t'aime trop fort
mon ange, mon ange
de mille saveurs
une seule me touche
lorque tes lèvres
effleurent ma bouche
de tous ces vents,
un seul me porte
lorsque ton ombre
passe ma porte
et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
je t'aime trop fort, ça te dérange
et mes rêves se brisent sur tes phalanges
je t'aime trop fort
mon ange, mon ange
prends mes soupirs
donne-moi des larmes
à trop mourir
on pose les armes
respire encore
mon doux mensonge
que sur ton souffle
le temps s'allonge
et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
je t'aime trop fort, ça te dérange
et mes rêves se brisent sur tes phalanges
je t'aime trop fort
mon ange, mon ange
seuls sur nos cendres
en équilibre
mes poumons pleurent
mon coeur est libre
ta voix s'efface
de mes pensées
j'apprivoiserai
ma liberté
et mes rêves s'accrochent à tes phalanges
je t'aime trop fort, ça te dérange
et mes rêves se brisent sur tes phalanges
je t'aime trop fort
mon ange, mon ange
AaRON, Artificial Animals Riding On Neverland (2006)
Une chanson merveilleuse; voix rocailleuse façon Thomas Fersen... Après Lili, je tombe amoureuse du Tunnel d'Or.
10 février 2007
GOOD FRIDAY de CocoRosie
i once fell in love with you
just because the sky turned from gray
into blue
it was good friday
the streets were open and empty
no more passion play
on st. nicholas avenue
i believe in st. nicholas
its a different type of santa clause
COCOROSIE, La maison de mon rêve
20 décembre 2006
LEUR CRI de Philippe Delaveau
Il y a ceux qui crient ceux qui appellent
sans remuer les lèvres terrassés et debout
marchant terrassés et debout sur le trottoir illimité des villes
ceux qui crient au secours ceux dont la bouche s'est creusée
d'un trou sans fond d'où sort le cri
le cri sans douleur le cri éraillé le cri avec des fils de bave entre les lèvres
Les rues vomissent les autos les bruits et les images
sans comprendre
surtout sans ce désir jamais de comprendre
les portes se referment sur la fraîcheur des appartements
autour d'un plat que l'on partage à table dans le mutisme
et sur l'écran les satisfaits gesticulent privés du son de leur parole
avant d'assouvir le torrent de sottises dans le bruit de paroles
parler désormais dans ce monde
c'est imposer plus de bruit sans entendre sans écouter
seul avec l'horreur de soi et l'horreur dans la nuit
Pourtant on berce au fond de soi un oiseau de silence
on berce au fond de soi un chant sans syllabes
une lumière comme une lampe sans flamme une langue sans mots
un regard qui désire d'autres regards
on sait son visage inaccompli sans la présence d'autres visages
on sait on sait cela que l'on oublie : on le découvre
est-ce l'espoir alors quand on se dresse dans le vent et la fougue
l'espoir quand on entend au fond de soi germer les mots d'une parole
parole vraie confuse petite lumière
quand la main trouve sa voie vers d'autres mains devant
quand les yeux construisent dans le silence une beauté de regards
Leur cri, PHILIPPE DELAVEAU (Une salve d'avenir : L'espoir, anthologie poétique, 2004)
21 novembre 2006
COMBUSTION LENTE d'Ariane Moffatt
je suis un sablier
devant mon feu de foyer
les flammes coupent la nuit en deux
et réchauffent décembre
je suis de verre et de cendres
accroupie, je suis une chaise
et je souffle sur la braise
impuissante
combustion lente
fermer la clé
chiffonner du papier
laisser respirer
oublier
brûler des souvenirs
réchauffer des désirs
avant de repartir au pays des rêves
je suis un sablier
devant mon feu de foyer
un petit grain féminin
sur une plage d'infini
et je souffle sur la braise
mon cerveau rougit, puis s'apaise
combustion lente
demain au petit matin
je ferai fondre décembre
demain au petit matin
je ferai fondre des cendres
ARIANE MOFFATT, Le coeur dans la tête
01 novembre 2006
NEW YEAR'S PRAYER de Jeff Buckley
Oooooo
Fall in light, fall in light
Fall in light, fall in light
Feel no shame for what you are (5)
As you now are in your heart
Fall in light
Feel no shame for what you are
Feel no shame for what you are
Feel it as a water fall
Fall in light, ooh.
Fall in light, fall in light
Fall in light, ooh.
Fall in light, fall in light
Fall in light. Grow in light.
Stand absolved behind your electric chair, dancing.
Stand absolved behind your electric chair, dancing.
Past the sound within the sound
Past the voice within the voice.
Ah. Ah. Ah.
Leave your office, run past your funeral,
Leave your home, car, leave your pulpit.
Join us in the streets where we
Join us in the streets where we
Don't belong.
Don't belong.
You and the stars
Throwing light
Oooooo
Fall, fall.
Oooooo
Fall in light, fall in light
Fall in light, oooo
Fall in light, fall in light
Fall in light. Grow in light.
New Year's Prayer, JEFF BUCKLEY (Sketches for My Sweetheart The Drunk)
Musicalement, rien ne vaut Jeff Buckley pour moi ! Impossible de trouver mieux que lui... Et cette chanson est un monument à elle toute seule.






